Mon expérience de solidarité internationale au Niger
Qui suis-je ?

Ce blog relate l'expérience de vie et de voyage d'un groupe de huit jeunes français partie à Zinder (située à 900 km à l'Ouest de Niamey, la capitale) construire une école pour des enfants sourds. Une expérience unique pour chacun de nous et une immersion totale en terre africaine

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        LE GESTE

        Où l'on en vient à parler des personnes qui peuplent ce pays, de la culture, des coutumes qui nous heurtent au début et qui nous sont naturels par la suite.

        Le geste. Passés cinq semaines au Niger, des habitudes s sont crées. Le geste au Niger est ce qui semble m'éloigner le plus de ma propre culture. Le geste. Ce mot me paraît étranger et pourtant je le pratique au quotidien. Quels sont mes gestes, quels sont ceux de mon voisin. Nous avons tous les mêmes gestes mais nous les effectuons différement. Le geste me paraît fondamental ici, parce qu'il se répète invariablement au quotidien.

        Le geste de l'eau d'abord. Que ce soit pour se laver les mains ou faire ses ablutions, nous passons tous par ce lavage de main. Il est quasi obligatoire ici, on mange tous ensemble dans le même plat, à la main le plus souvent, alors pas de chi-chi va te laver les mains. Les ablutions ensuite, cinq fois par jour, la bouche, les pieds, les mains. Etre pur pour prier. La prière est le geste fondamental au Niger. Cinq fois par jour, le mueslin appelle les fidèles à la prière. On prend l'habitude d'attendre l'appel à la prière pour marquer un moment de la journée. Et le geste est toujours le même, invariablement. Ablution, verset du Coran, prière.

        Il y a aussi le geste de porter à sa tête. Porter un sceau, un sac, une chaise remplie d'objets, ou ce qu'on veut (la preuve).



         


        Ici on ne porte pas les objets à la main, on les mets sur ta tête (et je trouve ça pas con). J'ai testé bien sûr. J'ai échoué bien sûr. Mais pas tant que ça.

        Il y a le geste de la main. Le geste de la main ! Il m'a beaucoup déconcerté celui-là. J'étais culturellement dépassé. Qu'un homme vienne en discothèque me prendre la main pour danser comme si j'étais sa copine, en toute amitié, ca m'a troublé. Je ne savais pas comment réagir parce que j'avais pas spécialement envie, mais c'était tellement naturel pour lui. Les hommes qui se disent bonjour se tiennent longuement la main le temps d'échanger les paroles d'usage : comment ca va ? et la famille ? et le travail ? et la santé ? et le soleil ? et la fatigue ?

        il y a le geste du repos, l'après midi quand le soleil tape trop fort. On s'assoit sous l'arbre à palabre et on parle de tout, de nous, de vous, de la vie et c'est tellement reposant de ne plus être obligé d'être socialement mais d'être tout simplement.

        Le geste du henné. Celui ci a provoqué l'étonnement parmi la population parce que ce geste généralement ne s'applique qu'aux femmes. Ca on ne nous l'a pas dis. Ou après. En général ce sont les homosexuels qui en mettent. Verdict : des railleries mais pas de réactions tant négative et ça fait plaisir de voir cela.

         

        Je terminerai avec le geste du thé. Le thé, toute une cérémonie. Dans la rue on m'invite à prendre le thé pour parler avec moi. Les gens sont curieux de nous et veulent nous parler. Retrouver l'anonymat parisien a quelque chose d'angoissant. Je ne pense pas qu'un groupe d'enfant va m'attendre près de chez moi le matin pour crier mon nom et marcher à mes côtés. Ici c'est devenu naturel et quand dimanche je ne les ai pas vu dans la rue, j'étais tristounet, j'étais redevenu un anonyme. Ici on vie dans à l'extérieur. Les gens sortent le soir et parlent sur les bancs ou par terre. Je peux sortir le soir de la maison, je fais cent mètres je vois des gens que je connais et ils m'invitent à parler toute la nuit. C'est fascinant, simple, tellement simple.



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        Publié à 05:24, le 2/09/2008, Zinder
        Mots clefs : gesteprièreafriqueCulturethéchantier



        SUR LE CHANTIER

         

        Le chantier pour nous ça commence à 8 heures. Enfin quand on y est à 8 heures.

        Comme nous sommes un groupe de six, nous nous sommes répartis les postes. Marion est en charge de la nourriture (poste fondamental), Anne-Cécile de la trousse à pharmacie, Michael du transport, Noémie du divers et Haby et moi du chantier. Une cuisinière, institutrice durant l'année, s'occupe du repas du chantier le midi.

         

        Etant responsable du chantier je suis en déplacement au quotidien. Aller acheter une tonne de ciment, de la ferraille, du bois, des gamelles, bref tout ce qu'il faut pour construire une école, et maintenant je sais comment on fait. C'est pas sorcier comme dirait Jamy, de C'est pas sorcier, mais faut que ça tienne, et là c'est sorcier par moment. 

        funky maçon

        Bref, donc au départ c'est amusant parce qu'il faut prendre le taxi moto pour aller acheter les fournitures. C’est la balade, il fait beau, je suis sur la moto. Mais après quelques dérapages mal contrôlés, des coups de klaxons mérités, finalement j'aimerai bien qu'Haby y aille acheter les fournitures.

        Une vingtaine de personnes travaillent en permanence sur le chantier. Du personnel qualifié et moins qualifié : le directeur de l'école, des enseignants, des élèves sourds. Toute cette aide nous est plus que précieuse parce que s'ils étaient pas là on serait encore en train de creuser les tranchées de Verdun. Pas qu'on soit particulièrement fainéant, mais fait chaud, vraiment chaud. En plus on nous avait que c'était la saison des pluies. Donc je me suis dis, hop une petite pluie pour rafraîchir tout ça, je sors mon gel douche Obao et c'est parti. Mais niet, il y a le soleil et il brille, il chauffe les corps jusqu'à ce qu'on craque, qu'on abdique et qu'on aille se cacher. 

        Donc merci à toutes ces personnes qui nous aident, merci aux personnes qui m'accompagnent parfois négocier parce qu'avec ma tête de Nassara (blanc) ils croient que je suis Bill Gates et me font des prix à faire dresser les cheveux d'un chauve. 

        L'école monte petit à petit, les murs se dressent, fièrement et nous aussi on ressent quelque chose.

        Enfin, Michael est parti hier. On a eu droit à un petit moment de détente en chanson et en danse. Un très beau et bon moment. 

        danse trad



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        Publié à 04:27, le 29/08/2008, Zinder
        Mots clefs : ecolesolidaritéchantiertravailafriquesourds



        IMMERSION

        ABNEGATION.

        C'est le mot qui me vient quand je suis sur le chantier et que je vois la vitalité avec laquelle ces hommes et femmes travaillent. J'ai un sentiment d'instantanéité. Comme si demain n'existait pas et qu'il fallait construire le moment présent. Quand je travaille sous le soleil du Niger, je pense à la chaleur accablante, mes cloques qui gonflent, à un bon coca cola. Et eux tapent dedans, ils remuent, creusent sans se poser de question. Il y a un vaste mouvement de solidarité autour de ce chantier. Le secrétaire du gouverneur est venu hier pour assister à la pose de la 1ère pierre et il a demandé où étaient les caméras. La    notre ne lui suffisait pas. J'ai improvisé un discours remerciant Messieurs le gouverneur, le directeur, le conseiller pédagogique... de nous honorer de leur présence et d'assister à cette nouvelle étape pour les personnes handicapés. J'ai également évoqué les 3 singes de la connaissance qui font parties de la culture africaine.  

        Sur le chantier

        « Rien se crée, tout se transforme ». Je trouve cette citation particulièrement adaptée à l’Afrique. Ici un bouchon de bouteille prend toute sa valeur. C’est fou comme les gens ici sont débrouillards. Du coup je me sens ballaud. J’ai vu des chargements de camion qui défient des lois de l’apesanteur, j’ai vu faire des crêpes sur des couvercles de casserole, des enfants jouer avec un couvercle de boîte de conserve.

        boutiquier

        L’immersion est totale. J’ai adapté un rythme local. Nous vivons à six français et la présidente de l’association, Kalthouma, ainsi que sa fille, Amina, âgé de 18 huit ans. J’ai pris de surnom d’Ibou ici, je commence à parler le Haoussa, je mange avec le main sans m’en foutre partout, le trou est devenu mon endroit préféré pour le cagadou, et je commence à m’habituer à l’odeur du Soumbala (photo et odeur aux prochains extrait). Seul hic, je suis Coca addict. C’est un par jour tarif minimum.Petit cours de Haoussa : Ina koina : bonjour – Mouna lahia ? : comment ça va ? Lahyia Law : ca va

        sous le chaudron



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        Publié à 04:26, le 21/08/2008, Zinder
        Mots clefs : afriquegouverneursolidaritéNourriturechantiertravail



        AVANT

        Avant le départ, il y'a tous les préparatifs qui nous font entrer dans la réalité du voyage. Ma réalité du voyage pour le moment s'appelle Fièvre jaune, Hépatihe A, Typhoide, prise de sang, paludisme. Rien de bien rafollant mais ces préparatifs sont nécesssaires. Une autre réalité c'est celle des jeunes du Niger avec lesquels nous sommes en contact et avec qui nous allons passer ces 5 semaines. La saison des pluies commence tout juste là-bas et elle est déterminante pour la saison à venir. Aussi Youssoufanne, le garçon avec qui je communique le plus, m'a conseillé de toujours demander comment va la pluie aux différents agriculteurs que l'on rencontrera. Une façon de témoigner de l'intérêt aux personnes de là bas et de s'intégrer aux us et coutumes.

        Avant donc, il y a tout ce qu'on imagine. J'essaye d'éviter d'imaginer trop de choses, je veux rester évasif sur mes pensées et ne pas arriver mes idées de pré concu occidental. Je lis pour cela. J'ai lu Boubou Hama un auteur nigérien. Il a écrits les contes et légendes du Niger. Pas de princesse charmante au Niger, mais plutôt des animaux qui cherchent à se nourrir. Pas de preux chevalier mais des hommes qui donnent leur vie pour nourrir leur famille. Je ne vois pas très bien où sont les légendes là dedans.

        Avant aussi on localise les noms sur la carte. On s'imprègne de la géographie si on y arrive.

        Avant enfin, on rêve devant certaines images rapportées.

        Au revoir, saï an jima "en haoussa"



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        Publié à 12:27, le 19/07/2008, Montreuil
        Mots clefs : HumanitaireCultureafrique